Vaper du Sucre ou des édulcorants comporte-il des risques potentiels pour notre santé ?

C’est une question récurrente pour les vapoteurs et à ce titre, elle mérite que périodiquement, on refasse le point ensemble.
Les additifs, tels que les sucres et autres édulcorants ont pris une place croissante sur le marché des e-liquides mis à la disposition des vapoteurs.

S’ils sont utilisés pour apporter une notre sucrée ou pour adoucir une recette, leur utilisation dans les e-liquides est sujette à caution depuis de nombreuses années.
Bon nombre de nos experts scientifiques français et internationaux, que ce soit Jacques le Houezec, Konstantinos Farsalinos et Riccardo Polosa ont déjà interpellé les vapoteurs sur les risques potentiels à utiliser ces produits.
Mais force est de constater qu’autant la littérature scientifique regorge d’études sur les effets des additifs de ce genre dans la grande consommation, autant les données sur les effets qu’occasionnent l’inhalation de ces substances via la voie du vapotage font défaut.

Les édulcorants ne sont bien sûr pas les seuls additifs qui sont sujets à questions/caution : rappelons que les exhausteurs de goût , les conservateurs et les colorants sont tout autant pointés du doigt.

De quoi a-t-on besoin pour vapoter au quotidien ?
Hé bien, la réponse est simple :

-du PG (propylène glycol),
-de la VG (glycérine végétale),
-d’arôme/es,
– voire de la nicotine.

Nos experts l’ont justement très bien rappelé justement lors de la conférence du VAPEXPO 2018 pour laquelle je vous ai fait la traduction tout récemment. Si vaper reste à 95% plus sain que fumer pour la santé, nos scientifiques ne cessent d’insister sur le fait que tout ajout supplémentaire d’autres molécules n’en vaut pas le coup, compte-tenu des potentiels risques que cela comporte. Retrouvez d’ailleurs l’article ICI.

J’ai décidé de faire un point avec vous pour commencer sur les sucres et édulcorants utilisés dans la vape. Loin de moi l’idée de faire une compilation exhaustive de tous les éléments disponibles sur ce sujet, cela mériterait d’ailleurs que des experts nous fassent ou nous orientent vers un dossier complet.

Pour ma part, je vous propose la traduction d’un article fait par un fan de DIY (Do It Yourself), c’est-à-dire un vapoteur qui fait ses propres recettes de e-liquides, et posté en 2017 sur le site de Flavor Pro. J’y ai trouvé pas mal d’informations intéressantes sur les différents types de sucre et d’édulcorants (source ICI).
La traduction de l’article est en noir.

J’en profite pour préciser que j’ajouterai au sein de la traduction, des informations supplémentaires venant d’autres articles à des fins de compréhension. Ces inserts seront fait dans une autre couleur avec leur source attachée.

Je vous souhaite une bonne lecture et pour les plus courageux, il y a une conclusion en bas 😉

 

(début de la traduction) :

Devrions-nous vaper du Sucre ou des édulcorants dans nos e-liquides ?

La réponse est : probablement pas.
Malheureusement pour nous vapoteurs, il existe des fabricants d’e-liquides qui ajoutent du fructose, du sirop de sucre et du colorant à base de caramel (ils chauffent littéralement des hydrates de carbone pour créer cette couleur) à leurs arômes. Aromaticiens et fabricants de e-liquides se servent de ce procédé pour créer de nouveaux liquides à vapoter.

Comme la plupart d’entre nous sommes d’anciens fumeurs, nous avons tous tendance à détester quand quelqu’un nous dit de ne pas faire quelque chose parce que c’est mauvais pour nous. Nous avons tendance à nous nous gausser comme si c’était absurde avec une attitude “je fais ce que je veux”. Bien sûr, vous pouvez vaper ces liquides. Vous pouvez faire vos mélanges avec ces arômes.
Mais je suis là aussi pour vous dire pourquoi il est préférable de ne pas les utiliser dans votre vapote. Pour ce qui me concerne, j’ai choisi de ne pas y avoir recours car ils provoquent chez moi des effets indésirables visibles tels qu’une respiration sifflante quasi instantanée. Si vous souffrez d’allergies, d’asthme ou de BPCO (bronchite chronique du fumeur), les arômes de vapotage contenant un additif à base de sucre peuvent provoquer les mêmes tiraillements dans la poitrine et la respiration sifflante que j’ai ressenti. Même si vous n’avez jamais encore ressenti ces symptômes, ma réflexion vous conduira peut-être à reconsidérer l’intérêt de vapoter ou l’intérêt d’utiliser les e-liquides qui en contiennent.

 

Pourquoi ne devrions-nous pas vaper de sucre?

Avant d’en venir aux points scientifiques de mon exposé, voyons ensemble pourquoi et comment l’emploi de sucre dans nos e-liquides peut avoir un impact négatif quant à notre plaisir de vapoter.

Quand vous vapotez un e-liquide avec des sucres ajoutés, la première chose que vous allez remarquer est le dépôt continu noir de carbone sur votre/vos coil/s et qui va noircir aussi votre coton. Ce n’est pas un facteur positif en terme de rapport coût-efficacité, changement régulier de vos résistances, ni en terme de temps passé à les refaire ou à changer votre coton.

Le deuxième effet négatif que beaucoup de gens ressentent est une certaine amertume pouvant provoquer une irritation de la gorge, voire même une sensation d’oppression thoracique; et dans certains cas, comme le mien, une respiration sifflante et le nez qui coule.

La dernière chose est ce goût brûlé général, que vous obtenez assez rapidement au fur et à mesure que le dépôt s’accumule sur votre résistance ainsi que la sensation de sécheresse générale de la vapeur.

Aucun de ces ressentis n’est plaisant pour les chasseurs de goût que nous sommes !

Passons maintenant aux arguments scientifiques : de nombreuses études ont été réalisées sur l’inhalation des vapeurs/fumées provenant de la combustion des sucres. Il existe pas mal d’informations au sujet des cigarettes à base de tabac et de ses effets quand on y ajoute des sucres. Mais très peu de choses ont été faites sur l’inhalation de sucre quand il est chauffé au point de se vaporiser.

Le saccharose n’est pas absorbé par le tissu pulmonaire. Cependant, le glucose et le fructose sont absorbés dans les tissus pulmonaires.

Vous trouverez ci-dessus une liste des possibles composés associés ou dont la quantité peut être impactée par l’action de chauffer aux températures de vapotage :

   -acroléine
   -acétaldéhyde
   -formaldéhyde
   -2-butanone,
   -isoprène,
   -le benzène,
   -le toluène,
   -benzo [k] fluoranthène
   -furfural
   -hydroxyméthylfurfural

Leur possible survenue ou accroissement dans le tabac fumé ne signifie pas nécessairement que ces mêmes composés sont aussi présents dans nos e-liquides.
Il existe des études relatives à la pollution de l’air occasionnée par les champs de canne à sucre en feu qui montrent que certains de ces composés chimiques sont aussi dans l’air.
Quid de leur comportement quand ils sont chauffés dans nos e-liquides à une température variant entre 200 et 600 F° ? C’est tout sauf clair.
Il est possible que la présence de ces sucres soit une des raisons pour laquelle certaines études ont reporté la présence d’acroléine et de formaldéhyde, couplée à une utilisation abusive du matériel.

C’est peut-être spéculatif de ma part mais il me paraît clair que les arômes qui contiennent des sucres contribuent pour une large portion à cette formation de carbone noirâtre sur les résistances. S’il y a carbone, il peut donc y avoir aussi les molécules toxiques voire cancérigènes dans l’aérosol que nous vapotons.

Si vous êtes un expert scientifique qui s’intéresse à la e-cigarette, une analyse comparative entre e-liquides contenant ou pas des sucres ajoutés serait d’un grand intérêt, autant les vapoteurs consommateurs que les industriels, afin qu’on comprenne de quoi il en retourne exactement en terme d’impacts sur la santé.

 

L’ajout de sucralose dans nos e-liquides

L’édulcorant le plus populaire quant à son utilisation dans la vape est le sucralose. C’est une version non-calorique du saccharose. Si vous voulez comprendre de quoi il en retourne : au cours du processus de création du sucralose, trois atomes d’oxygène sont remplacés par des atomes chlore. Cela donne au sucralose son incapacité à être métabolisé par le corps sous forme de glucide et il passe en majorité dans le tube digestif sans être absorbé. Le peu qui est absorbé est filtré est excrété par voie urinaire.

Comment le sucralose se comporte-t-il dans une vapoteuse ?

Force est de constater que nous manquons de retours scientifiques relativement à l’impact du sucralose dans les poumons. Est-il absorbé ou bien est il ensuite excrété dans le mucus ? Aucune étude à ma connaissance n’aborde ces points (un bon sujet de recherche me semble-t-il).

Nous avons des preuves que le sucralose, tout comme les arômes contenant du fructose et du saccharose, provoque ainsi accumulation excessive de carbone sur les résistances. Le dépôt est d’autant plus important quand on couple le sucralose avec de la sucrose ou du fructose.
Il y a cependant un dépôt de carbone qui se forme aussi quand le sucralose est utilisé avec des arômes sans sucrose (sucrose est l’appellation anglaise pour saccharose pour rappel NDLR).

Comme nous pouvons le voir sur la première image, il y a une accumulation importante de carbone suite à l’utilisation d’une quantité modérée de plusieurs arômes et d’un édulcorant à base de sucralose. C’est ici une légère accumulation, j’en ai vu de bien pires : Celles où le dépôt de carbone recouvre entièrement la résistance et noircit le coton.
Il est plus que probable qu’il y ait une possibilité d’émission de molécules toxiques voire cancérigènes à partir de ce dépôt de carbone.
Ce que vous voyez là reste modéré, mais les résultats sont bien pires quand le sucralose est combiné au fructose  ou à d’autres sucres dans les arômes.

Le sucralose et les sucres ne sont pas les seuls facteurs contribuant à l’accumulation de carbone sur les résistances : L’utilisation d’éthyl-maltol, de l’éthyl-vanilline, de vanilline et de dicétones (diacétyle, acétylpropionyle et acétoïne) peuvent contribuer à l’augmentation de l’accumulation de carbone sur les résistances.

Ajouter de la vanilline, d’éthyl-maltol, ou de l’éthyl-vanilline à des e-liquides ne contenant ni sucralose ni sucre au préalable, semble ne contribuer que minoritairement au dépôt de carbone. Ainsi, en tant que facteurs contributifs en eux-mêmes, ils ne constituent pas forcément un problème sérieux lors du mélange ou de leur présence dans les arômes. 

Voici une image de ma résistance dans mon atomiseur Aeronaut. Cela fait bien 6 semaines que je vapote les FlavorArt et Flavorah. Ma résistance a 6 semaines, peut-être même 7. Je ne fais pas rougir mon coil, je le chauffe par petites pulsations et essuie rapidement avec une serviette en papier recouverte d’un peu de full VG, pour éliminer tout résidu de carbone qui pourrait s’y trouver.

Je n’ai pas nettoyé cette résistance depuis environ une semaine. C’est donc une accumulation d’une semaine avec ces deux marques d’arôme. Le coton a environ 24 heures. Mon coton est plus foncé qu’une légère couleur bronzée juste sous la résistance.

Quant à la sucralose, de la quantité de que vous utiliserez dépendra le montant accumulé sur votre résistance.
L’édulcorant TFA contient la plus faible quantité de sucralose, avec seulement 5% de sucralose mélangé à 5% de maltol. Le reste de l’édulcorant est constitué d’eau et de PG. Le maltol confère également à leur édulcorant une note de caramel. L’édulcorant de FW (Flavor West) contient 10% de sucralose. Cap’s Super Sweet contient 20% de sucralose, mais contrairement au TFA et au FW, le CAP contient de l’acide citrique, du citrate de sodium, du sorbate de potassium et du benzoate de sodium.

Les acides et les conservateurs supplémentaires Super Sweet de CAP en font en fait un édulcorant “sec”. Par conséquent, il peut être la cause d’une oppression thoracique, d’une toux voire d’une irritation de la gorge chez de nombreuses personnes. Il n’existe pas non plus d’études sur les agents de conservation, dommage pour les amateurs d’édulcorants soucieux de la sécurité, l’édulcorant de Cap’s peut être le pire choix parmi les différents édulcorants.

Si vous voulez tout de même utiliser du sucralose dans vos recettes, vous pouvez utiliser ceux de ces marques ou mélangez le vôtre avec du sucralose pur, soit dans de l’eau distillée, soit dans du PG, soit un mélange des deux, voire un mélange d’eau distillée et de VG, si vous ne  préférez pas ajouter du PG à votre jus. Faites d’abord fondre les cristaux de sucralose dans l’eau distillée réchauffée, assurez-vous de ne pas sur-saturer d’eau, puis ajoutez l’eau à votre PG ou à votre VG. Vous pouvez maintenant lier le tout en réchauffant. La création de votre propre mix de sucralose entraînera une concentration beaucoup plus élevée de sucralose dans votre mélange, vous devrez donc ajuster les quantités utilisées dans les recettes en conséquence.

Le sucralose est-il totalement mauvais et devrions-nous l’éviter?

Eh bien, c’est vraiment à chacun de vous de voir. Le sucralose n’est pas recommandé en terme de sécurité pour être utilisé en mode “all-day” car il peut contribuer à la survenue de molécules toxiques voire cancérigènes dans l’aérosol. Les édulcorants peuvent certes faire des merveilles dans les recettes et la perception des arômes en terme de restitution.
A la différence de beaucoup de-liquides qualifiés de commerciaux qui en sont plein, utilisez les édulcorants toujours comme un ingrédient secondaire mais jamais comme l’élément central.
Si comme moi, le sucralose provoque chez vous une irritation de la gorge et une oppression thoracique, il existe des alternatives.

Avant d’aborder les autres sucres et édulcorants disponibles, j’en profite comme annoncé en introduction pour joindre cette expérience faite en 2015 par Aroma Sense sur la décompostion du sucralose, le tout relayé dans cet article de Vaping.fr dont vous retrouverez ICI la substantifique moelle :

Aux adeptes de goûts sucrés, friands d’additifs et de « sweeteners » :

Nous déconseillons la pratique consistant à incorporer du sucralose dans ses e-liquides.

Il s’agit d’une substance incompatible avec la vaporisation et qui, de surcroit, se décompose lorsqu’elle est chauffée à la température de vaporisation du propylène glycol.

Cette décomposition libère des ions chlorure capables de réagir, notamment avec la glycérine, produisant divers composés hautement toxiques.

Nous avons filmé la chauffe d’une solution contenant 3g de sucralose 27g de glycérine et 70g de propylène glycol

(NDRL : Aroma Sense apporte en commentaire le protocole de test suivant : « A 180°C le changement de couleur se produit. Le liquide entre en ébullition au même moment, assez brutalement, sans doute car la décomposition du sucralose produit de l’eau. A la fin de la vidéo, le liquide est à environ 190°C soit la température d’ébullition du propylène glycol. Nous avons réalisé plusieurs fois cette expérience dans diverses conditions et avons vu la décomposition intervenir plus ou moins tôt mais toujours de manière rapide. Dans tous les cas, à la température de vaporisation du propylène glycol, le liquide était toujours entièrement noir et son odeur était très dérangeante. »

Retrouvez ICI le communiqué de l’entreprise

Plus d’informations :
Décomposition thermique du sucralose :
http://www.scielo.br/scielo.php?pid=S0100-46702009000400002&script=sci_arttext
Décomposition thermique du sucralose en présence de glycérine :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0308814609005378

Formations de composés toxiques lors que la décomposition du sucralose :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3796739/

 

Les édulcorants alternatifs :

Érythritol – C’est 60% – 70% de la douceur du saccharose et seulement 1/10 du pouvoir sucrant du sucralose.Son point d’ébullition est dans les 600 degrés F° (un peu au-dessus de cette température). Est- ce que son pouvoir édulcorant est équivalent à celui du sucralose? Pas vraiment. C’est un édulcorant léger, utilisé en particulier pour les fruits, et vous aurez besoin de l’édulcorant dans une base de VG (car la poudre ne se dissout pas dans  le PG) pour les recettes gourmandes, vous obtenez des effets bien moindres. En utilisant environ 1 à 2% de celui-ci avec des arômes de bonbons ou de fruits, il ajoute une belle douceur qui peut dynamiser les arômes sans provoquer une accumulation importante de carbone sur les résistances.

Xylitol – Ceci est un autre édulcorant qui a fait ses preuves dans les mélanges e-liquide. Est-ce risqué de l’utiliser? Nous ne connaissons pas vraiment non plus le risque d’inhalation de cet alcool sucré. Il  semble être utilisé dans certains vaporisateurs nasals et présente certaines propriétés anti-bactériennes. Il peut causer une accumulation de carbone sur les résistances lorsqu’il est utilisé à des concentrations plus élevées. Il est également mortel pour les chiens. Il peut être acheté sous forme de poudre.

Maltitol – Le dernier type d’alcool sucré à être utilisé dans la confection de liquides. Comme les autres, il peut être acheté sous forme de poudre et dissous à 120 degrés PG. Le point d’inflammation du maltitol est vraiment élevé, soit 807 degrés Fahrenheit. Le point d’ébullition est particulièrement extrême : 1451.3 F. Comme pour tous les autres alcools de sucre, c’est un édulcorant qui est beaucoup moins à même de provoquer une accumulation de carbone sur vos résistances. Le maltitol est un peu plus sucré que les 2 autres précédemment cités, avec un pouvoir sucrant de 75% à 90% du saccharose. Cause-t-il une irritation par inhalation ?

 

Les autres édulcorants:

Stevia – Il existe différentes versions de ce produit utilisé pour édulcorer les e-liquides. L’édulcorant de Flavorah est un type d’édulcorant dérivé de la stévia, mais il est formulé pour éliminer presque tout l’arrière-goût amer de réglisse associé à la poudre de stévia pure. Vous pouvez acheter une poudre organique super concentrée mais difficile de déterminer la dose adéquate PG. Il vaut mieux d’ailleurs associer Stevia avec un autre sucre plutôt que de l’utiliser seul.

Il existe aussi des disparités quant à la Stévia : vous pouvez trouver de la Stévia pure, sinon
l’un de ses divers composés glucosides des composants rebaudiana A – E. Compte-tenu du prix de certains d’entre eux et de la difficulté à les trouver, vous pourrez peut-être tenter votre chance avec un autre édulcorant mais si vous êtes un fan de DIY et que vous aimez expérimenter, vous aimerez peut-être l’utiliser.

Thaumatin – Cet édulcorant n’a pas encore été commercialisé aux États-Unis, mais on peut le trouver au Royaume-Uni vendu comme édulcorant d’appât pour la fabrication de leurs propres leurres de pêche. 3000 fois plus sucrant que le saccharose, il pourrait avoir de futures applications dans les e-liquides une fois qu’il sera mis sur le marché américain. Il semble être en attente pour le moment, on en parle depuis 2008 et rien ne semble avoir avancé, ni été mis à jour depuis 2012. Le seul moyen de l’acheter actuellement aux États-Unis dépend de si vous avez un compte professionnel enregistré avec des fournisseurs de produits chimiques. Un particulier ne peut se procurer ce produit chimique, à moins de  l’acheter au Royaume-Uni en tant qu’édulcorant d’appât,e ne suis pas sûr de ce qu’il pourrait contenir dedans et s’il est même sans risque d’être vaporisé, car c’est un édulcorant à base de protéines.

(Correctif de la traductrice :
D’après mes recherches, les thaumatines sont bien commercialisées de par le monde et leur innocuité à été validée par l’OMS dès 1985.
Cette dénomination désigne une famille de protéines au goût sucré présente dans le fruit du Katemfe, un arbre originaire de la forêt tropicale africaine. Elle est utilisée mondialement dans l’alimentation humaine et la pharmacologie comme édulcorant, exhausteur de goût ou masqueur d’amertume).
Les thaumatines sont autorisées comme additifs alimentaires dans l’Union européenne (numéro E957) . Principalement comme exhausteur de goût dans les chewing-gums avec sucres ajoutés (au maximum 10 mg/kg) et dans les desserts laitiers et non laitiers (au maximum 5 mg/kg) (arôme naturel). Et comme édulcorant dans les boissons aromatisées sans alcool à base d’eau (au maximum 0,5 mg/l).

Le niveau de sécurité d’inhalation de ces autres types d’édulcorants est inconnu. Je sais que les édulcorants à base de stévia mettent un peu plus de temps à développer la note sucrée (de plus en plus sucré au fil des semaines de steeping), mais ils ne créent aucune accumulation de carbone sur les résistances lorsqu’ils sont utilisés à des niveaux inférieurs à 1% (en fonction du niveau de dilution pour lequel vous ne retrouverez pas l’arrière-goût de la stevia). Les alcools de sucre semblent également être exempts de  ce dépôt d’amas carboné. En tant que personne sensible qui ne peut pas tolérer l’utilisation du sucralose, car elle est trop irritante pour moi, je peux utiliser des alcools de sucre et de la stévia sans aucune irritation par inhalation. Est-ce que cela signifie qu’utiliser ces édulcorants ne comportent aucun risque sanitaire ? Non. Mais pour moi, si je veux un jus sucré, je vais utiliser un édulcorant qui ne provoque pas de constriction de la gorge, de contractures ou de maux de tête. Les édulcorants de remplacement sont donc mon choix pour édulcorer mes recettes. Ils n’ont pas cet effet coup de poing, l’impression du sucre sur les lèvres que le sucralose vous apporte à des concentrations plus élevées (les mélanges à 10% et 20%). Donc, si c’est le pouvoir sucrant que vous recherchez et que vous pouvez le tolérer, vous vous tournerez vers le sucralose.

 

Devrions-nous donc utiliser des édulcorants?

C’est un choix que chaque créateur d’e-liquides se doit de faire lui-même.
Oui, il peut y avoir des problèmes de sécurité que vous devez prendre en compte dans votre décision.
Jusqu’où êtes-vous capable d’aller  pour obtenir un effet sucré et de quels risques en terme de santé parlons-nous exactement ? Nous n’avons pas encore la réponse quant à l’ampleur des risques, puisqu’il reste encore beaucoup à faire pour déterminer quels produits chimiques sont éventuellement libérés lors de la pulvérisation et du chauffage des e-liquides.

Nous pouvons en conclure que si un dépôt de carbone se forme sur vos résistances, l’inhalation des substances brûlées est probablement associée à des risques.
Moins il y a d’accumulation de ce dépôt, plus sûr est-ce, semble t il.

Certains, quand ils commencent à créer leurs recettes, évitent complètement l’aspect édulcorant car il existe beaucoup de diabolisation des édulcorants dans la communauté des DIYers en raison des niveaux d’édulcorant utilisés dans de nombreux jus commerciaux. Mais il n’est pas nécessaire que l’édulcorant soit l’élément principal d’une recette, il peut être utilisé comme rehausseur, comme additif, à un niveau inférieur à 1%, ce qui vous donne juste assez de sensation sucrée perceptible pour améliorer les arômes que vous utilisez. L’utilisation de sucre dans les arômes et du sucralose présentent le plus grand risque, mais c’est quelque chose que vous devez décider vous-même. En tant que DIYer, je n’utilise de sucre aromatisé, c’est pourquoi vous ne voyez pas les arômes Flavor West dans mes recettes. De nombreux arômes de Capellas peuvent également contenir du sucralose, comme leur gamme Sweet. L’ajout de sucralose en plus de ces arômes peut augmenter vos niveaux bien au-delà du simple niveau d’amélioration.

Certaines saveurs sont naturellement associées dans notre cerveau à la douceur du sucre, comme si vous mangiez une fraise simple versus une fraise trempée dans du sucre, elles ont un goût totalement différent. La manière dont l’arôme est conçu et votre objectif orienteront votre choix, à savoir si vous avez besoin de tel ou tel agent édulcorant. C’est quelque chose à penser lors du développement de la recette.

C’est à vous, en tant que DIYer, de décider quand et si vous allez utiliser un édulcorant. Ne suivez pas la foule, faites votre propre choix et essayez différentes approches pour voir ce qui vous convient le mieux, car tout dépend de ce que VOUS, vous voulez faire.
(fin de la traduction).

 

Ma conclusion :

Vous l’aurez compris, le sujet est vaste et technique et mériterait qu’on s’y attarde bien plus. Heureusement ou malheureusement suivant d’où l’on regarde, il revient de façon récurrente car c’est une vraie problématique qui peut comporter de possibles impacts sanitaires.

De mon côté et à mon humble avis, il est souhaitable autant que possible d’éviter de vapoter sur les e-liquides qui contiennent des édulcorants, et d’éviter en général tout produit qui contient des additifs, substances toutes sauf indispensables pour vapoter au quotidien.
Les édulcorants ne sont pas les seuls additifs qui peuvent poser question, n’oublions pas les colorants, les exhausteurs de goût et les conservateurs.
Ces additifs sont-ils des ingrédients obligatoires pour nous permettre de vapoter ? Clairement non !

Que dit la transposition de la Directive Européenne sur les produits du Tabac et produits connexes en France :

« Art. L. 3513-7.-Les dispositifs électroniques de vapotage jetables, les flacons de recharge et les cartouches à usage unique contenant de la nicotine ne contiennent que des ingrédients de haute pureté, sauf traces techniquement inévitables dans le processus de fabrication.
« Sont interdites la vente, la distribution ou l’offre à titre gratuit de dispositifs électroniques de vapotage jetables, de flacons de recharge et les cartouches à usage unique contenant de la nicotine qui comportent les additifs suivants :
« 1° Des additifs créant l’impression que le produit a des effets bénéfiques sur la santé ou que les risques qu’il présente pour la santé ont été réduits ;
« 2° Des additifs et stimulants associés à l’énergie et à la vitalité ;
« 3° Des additifs qui confèrent des propriétés colorantes aux émissions ;
« 4° Des additifs qui facilitent l’inhalation ou l’absorption de nicotine ;
« 5° Des additifs qui, sans combustion, ont des propriétés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction humaine.

Comme le rappelle régulièrement Jacques Le Houezec, notre tabacologue et expert ès nicotine français : « il ne faut surtout pas rajouter de choses sucrées! Cela peut produire des composés toxiques en chauffant. »

Maintenant, soulignons aussi le fait qu’en tant que consommateur, il est bien difficile parfois de savoir ce que l’on vape de façon précise quand on achète un e-liquide en boutique physique ou sur internet.

Bon nombre d’étiquettes sur les bouteilles ne mentionnent pas la présence d’édulcorants, d’exhausteurs, de conservateurs ou de colorants dans la composition du e-liquide alors que la TPD le signale comme une obligation dans le cas d’un liquide nicotiné :

« Art. L. 3513-16.-Toutes les unités de conditionnement et tous les emballages extérieurs de produits du vapotage contenant de la nicotine mentionnent :
« 1° La composition intégrale du liquide contenant de la nicotine


N’oubliez pas qu’en tant que magasin de vape et qu’en tant que consommateur, vous êtes en droit de demander à consulter la fiche de sécurité du e-liquide qui vous intéresse, vu que clairement on ne peut, en tant que consommateurs, faire confiance aux étiquettes.
Ce document recense la composition exacte du produit ainsi que les études réalisées à son sujet.
N’hésitez pas à le demander à votre magasin de vape ou directement au fabricant, vous serez ainsi fixés de la présence ou non d’additifs, et ce quels qu’ils soient.
Les consommateurs sont en droit d’être informés, quant à la composition des e-liquides qu’ils achètent et consomment.

De nouvelles réglementations relatives notamment à l’étiquetage des produits devraient être publiées sous peu pour une implémentation début d’année 2019. Espérons que les consommateurs y gagneront en terme de transparence et d’accès à l’information.