LE SNUS FAIT A NOUVEAU PARLER DE LUI !

Qu’est ce que le SNUS ?
Il s’agit d’une poudre de tabac humide, présentée sous 2 formes différentes le plus souvent :
-Soit tassé en petit paquet par l’utilisateur lui-même à partir d’une boîte de tabac vendue en vrac.
-Soit vendu directement en petits sachets déjà prêts à l’usage.Le tabac est mélangé avec de l’eau, du sel, du carbonate de sodium et des arômes. Il est préparé en chauffant le mélange, généralement à la vapeur.

Il s’insère entre la gencive et la joue ou sous la langue, et contient du tabac. Cet outil délivre sous cette forme la nicotine dont le fumeur à besoin. Une autre façon, sans combustion, de consommer sa nicotine, et qui a permis à des milliers de Suédois de quitter le tabac !

Le Snus humide contient plus de 50 % d’eau.Majoritairement consommé en Suède, en Norvège, on le retrouve aussi sous d’autres appellations en Algérie, en Tunisie ou en Inde: Chemma, Naffa, et Khaini.
Il est important de bien faire la dichotomie entre les différentes appellations existantes sur le marché, à savoir :

  • Le tabac à priser. Appelé snuff aux USA, le tabac à priser est une forme de tabac que l’on inhale, on l’inspire directement par le nez sans qu’il soit brûlé.
  • Le snus, principalement consommé en Suède et en Norvège, est de la poudre de tabac (en vrac ou dans des petits sachets) que l’on se met entre la joue et la gencive.
  • Le tabac à chiquer. Chiquer consiste à garder un morceau de tabac dans sa bouche pendant plusieurs heures. On trouve le tabac à chiquer sous forme de palettes de tabac, tabac tressé, feuilles volantes.
  • Les  fabricants de tabac  proposent aussi aujourd’hui des pastilles de tabac. (Source)

D’où vient-il ?

Le SNUS n’est pas une invention récente, on fait mention déjà du tabac réduit en poudre lors du périple de Christophe Colomb en Amérique en 1497.
Un moine nommé Ramon Pane observa des moines indiens utiliser une poudre similaire par voie nasale.
On retrouve ensuite sa trace au XVème siècle où l’ambassadeur au Portugal Jean Nicot se familiarise avec la plante de tabac et la ramène sur le sol français. Son nom restera connu du grand public ,aboutissant à l’appellation de Nicotine.
Utilisé ensuite préférentiellement par les classes les plus aisés (on se rappellera des fameuses migraines de Catherine de Médicis traitées au tabac), c’est le tabac à priser qui trouve grâce, de par son prix et sa disponibilité auprès de la population.

Comment est-il produit ?

S’il a existé encore dans certains pays scandinaves des unités de production locale jusqu’en 2000, force est de constater que ce sont les grosses industries spécialisées dans la production de tabac qui se partagent le marché.

Impact sur la Santé publique :

Si le SNUS est considéré comme aussi addictif que le tabac traditionnel, il n’en reste pas moins que sa méthode de délivrance (ç’est-à-dire sans combustion) prévient les utilisateurs des mêmes risques, à savoir cancer du poumon et autres pathologies respiratoires.
Si les taux de mortalité liées aux maladies tabagiques sont certes les plus faibles, cet outil de sevrage n’est évidemment pas sans risques même s’ils restent sans commune mesure.
En effet, la littérature médicale rapporte l’émergence de quelques pathologies notamment liées à son administration par voie buccale.

Billet sur l’évolution de la consommation du SNUS en Suède par les Echos :

Si ce pays peut se targuer aujourd’hui d’avoir le taux de fumeurs les plus bas de l’Europe soit 5%, c’est grâce notamment à la démocratisation du SNUS.
Avec plus d’1 million de consommateurs actifs dans le pays, la Suède fait plus qu’être un pionnier dans la lutte contre le tabac. Ses ressortissants contribuent d’ailleurs nettement à sa démocratisation aux USA.
“Aujourd’hui, 15% des Suédois consomment du SNUS et la consommation moyenne est d’environ 800 grammes par personne et par an.”
La fabrication du SNUS provient en minorité de producteurs locaux et en grande majorité de grandes industries. Il est à noter que depuis 2015, une filiale de  R.J.Reynolds Niconovum produit le Zonnic  SNUS enregistré comme dispositif médical, notamment pour les USA et les pays scandinaves.

Qu’en est il pour l’Europe ?

Interdit par l’Union Européenne depuis 1992, seul la Suède avait lié son entrée en 1995 à une dérogation pour son territoire quant au SNUS.
Le SNUS reste interdit dans tous les autres pays de l’Union, malgré des tentatives récurrentes pour faire lever l’interdiction toutes restées infructueuses jusqu’ici ( la plus connue étant celle qui conduisit à l’éviction du commissaire européen John Dalli pour trafic d’influence en 2012 lors de la révision de la TPD).

Conclusion :

Vous l’aurez compris, le SNUS est une des façon de consommer le tabac parmi les plus anciennes qui existent. De par sa voie d’administration, il permet la délivrance de nicotine sans les risques majeurs de la combustion.
Eu égard à son succès dans les pays scandinaves, le SNUS est une méthode de sevrage tabagique qui a su faire ses preuves et qui, à mon sens, ne peut, ni ne doit être écartée.
En effet, chaque fumeur a une consommation et une relation au tabac qui lui est propre; il est donc crucial de lui proposer un éventail de solutions des plus larges pour qu’il puisse sortir de son tabagisme dès lors qu’il le souhaite.