Les risques attendus et inattendus à remonter l’âge légal du vapotage :

Je partage avec vous ici un excellent article de fond qui traite des risques inhérents à empêcher les jeunes d’accéder au vapotage, dès lors qu’ils fument.
La traduction est maison comme d’habitude 🙂.

La source est le Washington Examiner.

“Les efforts visant à empêcher les jeunes de vapoter peuvent avoir l’effet inverse et entraîner une augmentation de la consommation de cigarettes chez eux, selon un nouveau document de travail.

Publié dans le National Bureau of Economic Research, l’étude suggère que les lois interdisant le vapotage aux moins de 18 ans les pousse vers le tabac traditionnel.

Selon les auteurs de l’étude, augmenter l’âge minimum légal pour acheter des e-cigarettes au travers d’une loi entraîne un surcroit de difficulté pour ces jeunes à l’obtenir, un surcroit de temps et d’efforts, voire même le recours à une tierce personne qui les achèteraient pour eux.
Parce que les e-cigarettes font office de substituts aux autres produits du tabac, tout ce qui peut rendre plus difficile son obtention ne peut que pousser les consommateurs à retourner au tabac, impactant direcement la santé publique de façon rédhibitoire. En effet, les enfants en âge préscolaire trouvent les cigarettes ordinaires bien plus facilement que les e-cigarettes, même si le prix dans les magasins des cigarettes traditionnelles est en réalité plus élevé. Les résultats de l’étude montrent que la part de jeunes fumeurs suite aux lois MLSA (Minimum Legal Sale Age) a augmenté de 0,7 à 1,4 points en terme de pourcentage. Environ la moitié de cette hausse est attribuable à l’initiation au tabagisme, l’autre moitié peut-être aux fumeurs qui continuent à fumer plutôt que d’utiliser des e-cigarettes en raison des restrictions.

“Pris ensemble, nos résultats suggèrent un possible effet involontaire pervers à court terme d’augmentation de consommation du tabac traditionnel tant que ces jeunes ne sont pas autorisés à l’achat d’e-cigarettes”, écrivent les auteurs de l’étude.
D’autant plus en terme sanitaire quand on se rappelle que les risques associés au vapotage ne dépassent pas 5% de ceux totaux du tabagisme, selon le Collège royal des médecins anglais.
“En somme, les résultats de notre étude suggèrent qu’il est loin d’être évident que ces lois MLSA aient le moindre impact positif sur la santé publique”, concluent les auteurs. Le document fait suite à trois précédentes études qui ont examiné l’effet des lois MLSA sur les jeunes vis à vis de la cigarette. Deux des trois études ont conclu que ces lois conduisent à une augmentation du tabagisme chez les adolescents alors que la troisième a trouvé un résultat inverse.
Les Etats ont commencé à introduire les lois MLSA dès 2010. Lorsque la FDA (Food and Drug Administration) a considéré les e-cigarettes comme produits du tabac et a introduit un âge minimum pour l’achat de e-cigarette à l’échelle nationale de 18 ans, seuls deux Etats n’ont pas suivi cette loi.

Cette étude est le plus important travail réalisé sur les conséquences de lois MLSA. Il est le plus à même de servir d’avertissement pour les législateurs à travers le pays qui débattent de savoir si élever l’âge minimum légal d’achat à 21 ans peut être une solution. En matière de vapotage, Hawaï et California, ainsi que 225 autres municipalités, ont déjà mis en œuvre un âge minimum de 21 ans pour l’achat de produits du vapotage. Cela a été fait concomitamment avec l’âge de fumer à 21 ans. Il y a de nombreux arguments pour et contre l’augmentation de l’âge de fumer à 21 ans, mais tout ce qui rend plus difficile d’obtention pour les jeunes adultes un produit plus sûr sous la forme d’e-cigarette n’a strictement rien à voir et n’a guère de sens du point de vue de la santé publique.
“Empêcher d’acheter légalement des e-cigarettes jusqu’à l’âge de 21 ans aux jeunes ne peut que renforcer l’attractivité des cigarettes et les faire cesser à cet âge est bien plus difficile”, dixit les auteurs.
L’étude souligne la nécessité d’intensifier la recherche sur l’effet des lois MLSA. Mais comme le montre la littérature actuelle, il serait imprudent, et vide de tout bon sens pour les législateurs de continuer à traiter l’e-cigarette comme le tabac classique, et ainsi limiter toute possibilité pour les jeunes de passer à un produit de substitution bien avant d’avoir 21 ans.”