REVOLUTION POSSIBLE EN COURS AU CANADA :

Un vent de révolte pro-vape continue de souffler outre-Atlantique. Après l’amendement du sénateur Duncan dans la foulée du Cole/Bishop aux USA, les canadiens semblent être sur le point de changer leur position vis à vis de la cigarette électronique.

Un mouvement canadien d’avant garde dans la lutte contre le tabac vient de déposer des amendements en vue de faire évoluer la législation existante.
Ces amendements concernant le projet de loi S-5 ont été déposés par la NSRA (Association pour les Droits des Non-Fumeurs).
Il s’agit ici d’une organisation non gouvernementale à but non lucratif, créée en 1974 par une infirmière Rosalee Berlin, dont les allergies la rendaient particulièrement sensible au tabagisme passif.
Active depuis plus de 40 ans, l’association a élargi son champ d’action jusqu’à englober tous les aspects possibles de la problématique tabagique avec l’industrie du tabac pour cible privilégiée jusqu’à inclure les fumeurs en leur sein.
Cette association avec sa petite soeur SHAF peut s’enorgueillir de plusieurs coups de maîtres contre les lobbys du tabac tels que la mise en vigueur de législations fortes en faveur de la lutte contre le tabac. C’est du fait de leurs actions au Canada avec la création de mentions sanitaires sur les paquets de tabac traditionnels qu’on a vu cette pratique être largement reprise de par le monde. NSRA est aussi force de proposition en terme de taxation du tabac, de l’instauration du paquet neutre ainsi que de la défense des mineurs face au tabagisme.
La NSRA a clairement fait état de sa position en faveur du vapotage, en contradiction totale avec les autres associations de référence (Association du Poumon, Association anti cancer, Association du Coeur) canadiennes. L’association a demandé à ce que le vapotage soit considéré comme un véritable outil de réduction de risque et à ce titre, traité comme tel.

Brent Stafford, producteur de Regulator Watch en profite pour interviewer une analyste sénior de la NSRA Pippa Beck.
Lors de leur audition du 5 Avril dernier, Pippa et la directrice des politiques pour ADNF ont clairement remis en cause la législation en vigueur :

“Le ministère de la Santé canadien a déclaré que le vapotage serait potentiellement moins risqué à l’usage que ne l’est le tabac traditionnel. C’est faux ! Bien que le degré de moindre nocivité comparative reste encore un sujet de débat entre scientifiques, toutes les preuves déjà en notre possession indiquent clairement que le vapotage EST moins dangereux que le tabac.
Les recherches ont par ailleurs prouvé qu’une image d’une vapotage aussi dangereuse que le tabac empêche les fumeurs d’essayer cette méthode et les radicalise dans le tabac.
Même s’il est important de rappeler que le vapotage n’est pas sans risques, il est tout aussi important de rappeler aux fumeurs qu’il existe des alternatives plus saines au tabac traditionnel.”

Pippa enfonce le clou devant la commission en déclarant:

“Les preuves sont là quant à la moindre nocivité du vapotage versus le tabac. L’objet de notre discussion est d’établir de quel ordre est-ce. Parlons nous de 95% comme nous l’avons déjà par ailleurs souvent entendu ? Les consensus internationaux le place plus de l’ordre de 60 à 80% ce qui est plus que suffisant pour motiver nos prochaines décisions. Des vies sont en jeu!”

“Nous supportons la légalisation et l’encadrement du vapotage.
Cela fait 10 ans qu’il est disponible au Canada.
Nous voulons amener un maximum de sécurité à cette pratique, entr’autre chose, qu’un e-liquide étiqueté 18 mg contienne bien cette dose, que les bouteilles soient systématiquement fournies avec une protection enfant et qu’il y ait un système d’encadrement pour les batteries afin de pouvoir effectuer des rappels de lot en cas de risques rapportés d’explosion.”

“Même si nous reconnaissons la volonté du gouvernement de vouloir mettre en perspective l’accessibilité du produit avec ses risques, cet amendement S-5 est trop orienté sur les risques possibles du vapotage au détriment des bénéfices qu’il apporte (sanitaires, économiques et sociétal).
Les fumeurs ont le droit à l’information, à une information juste et impartiale à propos du vapotage afin d’avoir le choix.
S-5 en l’état vient en contradiction du Tobacco Directive Act et c’est pourquoi nous déposons différents amendements pour nous assurer que tant le gouvernement que les parties concernées fourniront les informations adéquates.”

Le droit à l’information sur le vapotage ayant été clairement mis à mal jusqu’ici par les législations existantes, ces amendements que dépose la NSRA ont pour but de faire autoriser le droit au “relative risk information” (informations sur les risques relatifs) des fabricants vers les utilisateurs.

“Nous n’avons pas à attendre les preuves scientifiques, cela prendrait des années, à nous maintenant d’agir en fonction de notre niveau de connaissance actuelle sur le sujet.
Les Canadiens n’ont pas non plus à attendre qu’on leur prouve que le vapotage est un outil de cessation tabagique car telle n’est pas la question. Il s’agit plutôt de leur offrir le choix d’un moyen moins risqué que le tabac traditionnel.
Il sont le droit de le savoir, par le biais du ministère de la santé canadien mais aussi dans cadre strict par les industriels du vapotage tant qu’elles restent objectives et sont relatives à des notions sanitaires.

Voici des exemples d’affirmation potentiellement autorisées à la diffusion :

-Pas de tabac passif
-Pas de goudrons
-Pas de tabac
-Pas de combustion

Le comité d’experts en charge d’évaluer le vapotage périodiquement pourrait dans un second temps accepter des affirmations telles que:

-Le vapotage n’est pas sans risques
-Vapoter est moins dangereux que fumer.

Le tabac traditionnel est sans aucune commune mesure plus dangereux que le vapotage. Et j’ai foi en ces affirmations qui si autorisées, seront susceptibles de sauver des vies en éclairant les choix des fumeurs.

NSRA a su au fil des années faire évoluer sa position. Alors qu’en 2013, l’association appelait clairement à une interdiction des arômes, elle a su s’informer et écouter les fumeurs pour en comprendre l’importance.
Elle s’aligne sur le projet de loi visant des restrictions de promotion des arômes risquant d’être attractifs pour les plus jeunes, telles que les images enfantines autour des sucreries ou des desserts.

Brent en guise de conclusion interroge Pippa sur sa position visàvis de la nicotine.

“Non, ce n’est pas la nicotine qui est l’ennemi, c’est bien la combustion!
(…) Le vapotage représente clairement la fin du tabac traditionnel”.

NB : Traduction maison de l’interview de REgulator Watch disponible en VO  ICI.

NO FLAVOUR BAN | WHY CANADA’S TOP ANTI-TOBACCO GROUP EMBRACES ...

GAME CHANGER | WHY CANADA’S TOP ANTI-TOBACCO GROUP EMBRACES VAPING***NO FLAVOUR BAN***It’s the mortal enemy of the tobacco industry, the Non-Smokers’ Rights Association. For over 40-years, the NSRA leads the effort to eradicate the tobacco industry’s deadly products. Racking up win after win with non-smoking bylaws, advertising bans and the world precedent setting graphic warnings on cigarettes packages.You might think the NSRA would be a natural enemy of vaping, but to the surprise of many, it has become a strong supporter of vaping as a tool for harm reduction. And, it has voiced serious concerns over key provisions of Bill S-5, which it believes could cost the lives of Canadian smokers if passed without amendment.On this special edition of RegWatch hear directly from Pippa Beck, the NSRA’s Senior Policy Analyst and learn why the NSRA believes Canadians have a right to relative risk information and how Bill S-5 does NOT ban flavours—only on RegWatch by RegulatorWatch.com.Produced by: Brent StaffordReleased June 17, 2017

Publié par Regulator Watch sur samedi 17 juin 2017