Le collège royal anglais de médecine nous livre son analyse de la situation à la COP7 :

(Traduction faite par mes soins)

Alors que nous en sommes au cadre des délibérations pour la session de la COP7 qui se tient actuellement en Inde, nous recevons John Britton, président du collège royal de médecine anglais, directeur du centre de recherche anglais des études sur la tabac et l’alcool et professeur d’épidémiologie à l’université de Nottingham, qui nous livre son analyse.

Le collège royal de médecine anglais est la plus prestigieuse et ancienne organisation scientifique d’experts médicaux de l’Ouest et regroupe près de 2000 médecins. Leur dernier rapport de 200 pages conclut à l’importance de soutenir l’e cigarette comme véritable alternative au tabagisme traditionnel, en tant que solution qui apporte la nicotine sans les méfaits de la combustion.
D’autres points clés sont mis en exergue dans ce rapport :
-La nicotine seule n’est pas carcinogène
-La délivrance de nicotine via la e-cig est bien moins néfaste qu’en association avec le tabac
-La e-cig ne normalise pas l’acte de fumer
-La e-cig n’est pas une passerelle vers le tabagisme

Pr John Britton :

La COP7 de l’OMS est une convention cadre qui a pour but de fédérer tous les pays membres vers un objectif commun, à savoir la régulation/lutte du tabac dans le monde. C’est un traité international où les pays qui le ratifient s’engagent à implémenter l’ensemble des mesures décidées lors de cette convention (d’où le nom de “convention cadre”) dans leurs propres législations nationales. C’est la réponse mondiale unifiée face à au problème mondial qu’est l’endémie du tabac.
La majorité des pays du globe ont ratifié ce traité, à l’exception des U.S.A et de 2 autres pays.

L’intérêt des pays membres de la convention cadre est triple : d’une part, ils n’ont plus qu’à implémenter dans leur propre pays ce qui a été décidé à l’OMS ce qui leur permet d’économiser temps et argent, voire dupliquer le travail déjà fait; mais cela leur offre surtout l’opportunité d’aller tous dans le même sens ce qui ne peut qu’accroître l’efficacité des mesures qu’ils ont participé à créer. Enfin, plus les pays sont nombreux à implémenter des mesures contre la tabac, moins ces pays s’exposent à de possibles procès de la part de Big tobacco et donc à de possibles controverses.

Parlant de controverses, la presse et le public ont été privés d’assister aux délibérations de la COP7. Ce n’est pas un évènement nouveau. Par le passé, la presse et le public ont déjà été éconduits de la même façon.
Le rationnel derrière ce choix vient de l’article 5.3 qui autorise les sessions à huit clos afin d’empêcher tout représentant ou espion de l’industrie du tabac d’assister aux délibérations, et ainsi pour éviter toute tentative de leur part de noyauter les actions à leur détriment.
Même si dans certains cas, le Pr Britton estime vertueux que certaines conférences soient privées, il est catégorique sur le fait que dans le cadre de la convention cadre de l’OMS, ceci ne devrait pas avoir lieu puisque toutes les décisions prises ici vont impacter des milliards d’être humains. Il va même plus loin en déclarant qu’à son humble avis, le risque potentiel d’avoir 1 ou 2 membres de l’industrie du tabac au sein de la presse est un pris dérisoire à payer.

Parlons maintenant des conséquences potentielles de ce traité.
Votre comité UKCTAS a émis en Octobre dernier un rapport complet réfutant point par point le rapport de la convention cadre de l’OMS actuellement en délibération à Delhi.
Dites nous ce qui vous pose le plus problème dans ce qu’ils proposent ?
Ma préoccupation majeure est qu’ils perçoivent la cigarette électronique comme étant une menace pour la Santé.
Tout en avançant toute une série d’arguments fallacieux pour étayer cette thèse, ils militent clairement pour une interdiction de commercialisation idéalement, ou au moins sous une régulation des plus sévères.
Et cela me concerne en tant qu’expert car la cigarette électronique est une méthode de sevrage tabagique qui a plus que fait ses preuves auprès d’un nombre non négligeable de fumeurs, elle a même infléchi la prévalence du tabagisme chez les fumeurs et ce , de façon significative. et c’est bien là notre devoir en tant qu’organisme en charge de la lutte contre le tabac, de permettre aux gens d’arrêter de mourir des méfaits du tabac par combustion.

Quel est alors selon vous, le problème de fond de l’OMS dans leur approche ?
Le problème majeur est leur conviction que la e-cig est un produit du tabac et qu’à ce titre, elle va de par sa nature à l’encontre du bien public. Et on le voit bien dans le document qui emphase plus sur les risques qu’elle comporte plus que des bénéfices, du besoin d’un surcroit de régulation pour la contrôler, sans évaluer au préalable les risques qu’une telle régulation peut faire courir aux fumeurs. Vous comprenez bien que si ce traité est voté, il sera extrêmement difficile pour les pays membres de cette convention cadre de ne pas l’appliquer localement ce qui aura des conséquences dramatiques sur la santé du public.

Beaucoup de vapoteurs se sont réjouis de par le monde du rapport du collège royal de médecine anglais et des progrès dans la perception de certains experts, mais si cette convention est ratifiée, la cigarette électronique sera bien plus difficile à trouver, à acheter, de par son accessibilité et son prix sans parler de l’image que cela va renvoyer au public de par la perception, nous allons faire un bond en arrière sans précédent par rapport à tout ce qui a déjà été accompli !

Si je comprends bien, si l’OMS s’entête dans cette voie avec ce traité, le résultat serait la mort additionnelle de plus centaines de milliers de personnes ?
Tout à fait et c’est ce qui est le plus choquant dans cette affaire.
Même si nous ne sommes pas encore tout à fait sûrs des effets à court et long terme de la cigarette électronique, le bon sens nous dicte d’encourager cette méthode de switch qui fonctionne, et dans ce cas: une forme de délivrance de la nicotine plus sûres, d’autant plus si les fumeurs la plébiscitent.
Oui, nous devons continuer de surveiller tous les effets liés à la cigarette électronique, prévenir même les mésusages qui iraient à l’encontre de son bénéfice, quitte à légiférer pour les éviter mais en aucun cas, détruire cette alternative thérapeutique qui peut sauver des millions de vies.

Lien vers la rapport préparatoire de la convention cadre ICI.
En français : fctc_cop_7_11_fr